09 mai 2009

Problèmes posés relatifs au socialisme réel

Pour beaucoup, le socialisme représente une idéologie réduisant la liberté, imposant un modèle totalitaire à l'être humain. Ces gens-là fondent leur avis sur l'échec du ‹‹ socialisme réel ›› en URSS, qui, il faut l'avouer, fut une entreprise ratée.
Si nous voulons instaurer ce système économique en France, il ne faut pas imiter les erreurs du passé (totalitarisme stalinien en pire exemple), et adopter un vrai socialisme (soutenons le ‹‹ socialisme néomoderne ›› de Jacques Généreux). Pour comprendre notre propos, il faut d'abord connaître la raison qui a amené l'URSS à devenir un régime autoritaire, puis ensuite, nous démontrerons l'impossibilité d'un tel schéma en France (et défendrons la thèse d'un socialisme démocratique, réformiste et républicain).
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Il faut en premier lieu aborder le marxisme, pour comprendre pourquoi la révolution de 1917 a raté. Selon Marx, la révolution peut éclater uniquement dans un pays où la classe prolétarienne est forcément importante, car elle est la base de l'infrastructure (dont la superstructure découle). Or, la Russie, connu pour être arriérée, était essentiellement un pays agricole, et les travailleurs étaient bien moins nombreux que les paysans. Il disait également que la révolution, émancipatrice, doit être réalisé ‹‹ par les travailleurs eux-mêmes ››, c'est-à-dire que la révolte doit être une sorte d'insurrection populaire, portée par le peuple tout entier. Pourtant, la révolution russe (celle d'octobre, survenue trop tôt) est plus celle d'un parti (Le parti Bolchévik) et d'un homme (Lénine*) que celui d'un peuple tout entier, non prolétaire dans son ensemble. Bref, on peut conclure que non seulement la Russie ne correspond pas aux schémas marxistes (Marx disait que la Russie était le dernier pays où une insurrection prolétarienne était possible), mais sa révolution n'est pas authentiquement marxiste (contrairement à ce que l'historiographie officielle soviétique voulait le faire croire en la sublimant, bref, en la ‹‹ marxisant ››...). Le parti finit par défendre un prolétariat plus métaphysique que réel. Il y a là un premier facteur politico-idéologique qui explique l'arrivée et l'échouement du projet socialiste.

Mais pourquoi une révolution a éclaté, alors que la Russie est inadaptée au marxisme ? Tout simplement parce que la première révolution (celle de février) est due à un mécontentement lié à la guerre principalement (même si d'autres problèmes entrent en jeu). Il y a là un second facteur historique, déterministe, qui explique pourquoi la révolution est survenue.
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Le troisième facteur, et sans doute le plus étonnant, est d'ordre anthropologique. Celui explique en grande partie la dérive autoritaire du régime nouvellement mis en place : les structures familiales russes. Déjà identifiés par Frédéric le Play, puis développés par Emmanuel Todd, les systèmes familiaux russes sont à la source de la caractéristique autoritaire soviétique. En effet, la dictature ne vient pas de l'idéologie marxiste, mais bien de la ‹‹ tradition russe ››. Ces structures familiales sont dites communautaires, c'est-à-dire autoritaires et égalitaires. Autoritaire dans le sens où l'autorité du père est respectée et égalitaire car les rapports entre frères sont de type égalitaire. En fait, ce schéma familial se répercute sur la vie politique, ce qui explique l'autoritarisme (donc l'échouement du socialisme et de sa conception de la liberté — voir article précédent sur Jacques Généreux) du pouvoir et la tendance communiste du pays. La Russie est, par ses systèmes familiaux, propice à un communisme autoritaire. Il faut noter que d'autres pays socialistes comme Cuba ou la Chine possèdent des structures familiales communautaires.

Ces trois facteurs (idéologico-politique, historique et anthropologique) combinés expliquent l'échec du socialisme en Russie. Le premier facteur est riche d'enseignement pour la France : une révolution au sens marxiste du terme, ne peut être que prolétarienne. Or, la France d'aujourd'hui ne possède pas une importante classe ouvrière, comme au XIXe siècle. Mais cela pose également le problème majeur de la démocratie : un socialisme démocratique ne peut prôner la révolution, il doit participer aux élections (c'est pour cela que nous soutenons le Front de Gauche). Il faut donc se distinguer de l'idéologie révolutionnaire afin d'éviter à tout prix les erreurs du passé. Mais le facteur historique change la donne : on ne peut mettre sur le même point la France de Sarkozy au XXIe siècle de la Russie impériale d'il y a un siècle! Cela nous amène au facteur anthropologique, qui démontre l'impossibilité d'une dérive autoritaire de la France si le socialisme y est instauré. A titre d'exemple, les structures familiales du bassin parisien sont dites nucléaires égalitaires ; la relation entre les parents et les enfants sont libérales et le rapport dans la fratrie est égalitaire (d'où notre devise ‹‹ liberté, égalité, fraternité ››).

Ce long exposé nous amène à conclure qu'une transition vers le socialisme en France est possible, et que celle ne peut-être que démocratique, non seulement face à nos structures familiales, mais parce que les facteurs historiques sont différents de ceux de la Russie lors de la seconde guerre mondiale. Ce qu'il faut, nous l'auront compris, c'est éviter dans les erreurs idéologico-politiques qui expliquent le caractère marxiste manqué de la révolution d'octobre, et adopter un socialisme réformiste. D'où notre soutient, nous l'Action de Gauche, au Front de Gauche.

*Le génie de Lénine fut d'adapter le marxisme à la Russie inadaptée par son retard industriel à cette idéologie.

Posté par Action de Gauche à 22:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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